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Barlin souvenirs

Un blog pour partager vos souvenirs et actualités sur Barlin, dans le Pas-de-Calais.


Kocioł

Publié par Jacky Mikolajczak sur 18 Décembre 2014, 21:09pm

Catégories : #souvenirs d'enfance, #Barlin d'avant, #polonais, #mines

Kocioł

Fils d'immigrés, ma langue de naissance fut le polonais. Durant longtemps, ceci m'arrive encore aujourd'hui, des mots en polonais venaient s'inclure dans nos dialogues en français. Ainsi, ma mère me disait "va chercher l'kocioł", cela voulait dire "va chercher le chaudron". Le fameux chaudron, ustensile indispensable dans les familles de mineurs. Indispensable, il l'était en effet à une époque où la salle de bain n'existait pas dans les maisons des mines et encore moins le chauffe-eau. Le kocioł était essentiellement utilisé par les mères de famille pour chauffer l'eau du bain et pour faire bouillir la lessive. Le chaudron vieillissant finissait sa vie en servant le plus souvent de poubelle. Mais dans certaines familles, dont la mienne, le kocioł réformé reprenait du service dans un autre domaine.

Les personnes de ma génération, comme nos parents, ont connu dans les maisons des houillères un confort pour le moins rustique. Ainsi une planche percée d'un trou à la bonne dimension, si j'ose dire, faisait office de cabinet dans la cour, très sympa l'hiver ! Pas de tout à l’égout évidemment à l'époque, mais une fosse qu'il fallait vider de temps à autre. Et c'est là que chaudron trouvait son utilité. Pour économiser le montant d'une vidange faite par un vidangeur professionnel, des familles se chargeaient elles-mêmes de ce travail. La technique était assez simple et le matériel rudimentaire : un kocioł, un séïau et un'n arbraquette (un seau et une binette). On ficelait le seau à la binette et nous le plongions, en apnée, dans la cuve ''à merde'', (gówno en polonais). Le contenu était versé dans le baquet placé sur la brouette. Nous allions ensuite le déverser dans le jardin potager situé à quelques centaines de mètres de la maison. Nous habitions rue d'Orléans et le jardin se trouvait près de l'école Pasteur, il y avait là des jardins mis à la disposition des mineurs par les houillères.

Vous ne serez donc pas étonnés d'apprendre que les récoltes de patates à cette époque là étaient exceptionnelles.

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