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Barlin souvenirs

Un blog pour partager vos souvenirs et actualités sur Barlin, dans le Pas-de-Calais.


Barlin Monsieur POPEK, l'homme choucroute

Publié par J M sur 25 Décembre 2012, 20:09pm

Catégories : #polonais, #tradition, #jardinage, #personnalite

Barlin   Monsieur POPEK, l'homme choucroute

Dans les années 50 et 60, de nombreuses familles cultivaient un potager. Les maisons des mines étaient bâties généralement sur un terrain suffisamment vaste pour permettre aux mineurs de produire leurs propres légumes. Pommes de terre, carottes, poireaux, ou encore persil, poussaient dans les jardins des cités minières barlinoises. Pas d'engrais au jardin, mais du bon fumier de poules, de lapins, de pigeons, ou encore les déjections familiales sorties des cabinets, nous reparlerons un jour de cette pratique mémorable.

Dans les familles polonaises, il y avait un légume incontournable au potager, le chou. Gros mangeurs de kapusta, les polonais le cultivaient avec passion. En automne, mon père récoltait les choux que ma mère s'empressait d'effeuiller et de couper en quatre. Le moment était venu de faire appel aux services de Monsieur POPEK, le coupeur de choux. Monsieur POPEK devait avoir un emploi de temps chargé à cette époque de l'année. Bon nombre de familles polonaises le sollicitaient pour trancher finement plusieurs dizaines de kilos de choux. Monsieur POPEK arrivait donc à la maison avec son étrange machine. Si mes souvenirs sont bons, l'engin ressemblait à un tonneau vert monté sur deux roues de bicyclette que notre homme poussait comme une brouette. La machine à choucroute avait dû être conçue par Monsieur POPEK. Elle fonctionnait grâce à un moteur électrique. Un truc qui ne ressemblait à rien, mais qui s'avérait être d'une étonnante efficacité dès sa mise en action. Monsieur POPEK introduisait le morceau de chou dans la machine et la choucroute sortait à l'autre bout, de la dentelle de chou qui aurait étonné William SAURIN lui même. Je me rappelle de la finesse de la choucroute, je m'amusais à l'étirer comme des cheveux d'ange.Les filaments de chou tombaient dans la baignoire en tôle galvanisée que ma mère avait tapissée d'un drap.

La tâche de Monsieur POPEK achevée, il fallait désormais passer à la cave où la jarre en grès était prête à accueillir la choucroute. Mon père, expert en la matière, déposait dans la jarre une couche de chou, jetait par dessus une poignée de sel. C'est là que mon frère et moi-même passions à l'action. Pieds nus et propres, bas de pantalon relevés jusqu'aux genoux, nous piétinions le chou, quel plaisir de patauger dans la choucroute !

En alternant le chou, le sel et les piétinements, la jarre s'emplissait. Pour finir, mon père déposait sur la choucroute deux planchettes de bois et un gros grès pour maintenir la pression et favoriser la fermentation.

Quelques semaines plus tard, nous pouvions déguster notre nouvelle kapusta. Que du bonheur !

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